Doucement Wilhelm Steinitz affrontait avec patience le temps, les progrès peu à peu vinrent le jour et telle une araignée tissant sa toile, le stratège construira son monde sur des fondations érigées de la main du maître.
Nous n'avions plus droit au romantisme fracassant d'Anderssen, Morphy etc.
Le jeu de Steinitz combattait l'hégémonie du sacrifice tactique, l'art de la stratégie plaça Wilhelm au sommet de la hiérarchie, même si, sa façon de jouer n'était pas apprécier.
Bien décidé à revoir son jeu car au début de sa carrière Steinitz était connu pour être un joueur audacieux on le surnommait d'ailleurs le « Morphy des échecs »
Henry Bird résumait l'opinion de la masse des joueurs je cite :
« Placez le contenu d'une boîte de jeu d'échecs dans un chapeau, agitez vigoureusement, laissez tomber les pièces d'une hauteur d'un mètre sur l'échiquier, et vous aurez le style de Steinitz ».
Ceci bien évidement ne l'intéressait pas, son jeu était tout autre, basé sur la logique en profondeur. Presque scientifique vantant les mérites d'une structure de pions, d'un blocage, d'une faiblesse, des cases fortes. Construisant des points d'appui au centre et concrétisait bien souvent une partie avec le seul gain d'un pion.
1861
Date importante dans la carrière de Wilhelm Steinitz. Il participe à un tournoi organisé en Autriche où il fait preuve d'une puissance redoutable pour ce besogneux des échecs. Ils terrassent un à un tous ses adversaires pour conclure son capitale victoire par une série impressionnante de trente gains contre une seule défaite.
Un an plus tard il participe au tournoi de Londres sans doute un peu moins bien préparé il terminera sixième. Comme en 1851 la victoire revînt à Adolf Anderssen.
Steinitz prépare son avenir s'interroge et devient professionnel quelques temps plus tard. Il s'installe à Londres alors grande capitale du noble jeu, enchaîne tournoi sur tournoi jusqu en 1866 une rencontre, la rencontre tant attendue entre Anderssen et Steinitz une fois n'est pas coutume.
Le romantisme face à l'austérité du jeu moderne et bétonné de Wilhelm
Le vainqueur devra gagné huit parties les matchs nulles ne comptant pas, il est intéressant de lire le chiffre huit car celui-ci est le symbole de l'infini.
Autre petit détail et pour la première fois les protagonistes joueront avec une limite de temps, ils avaient quatre heures pour les quarante premier coups et puis deux heures pour les vingt coups suivants.
Le duel commença par la victoire d'Anderssen suivi de quatre victoires consécutives de Steinitz le ton était donné Anderssen revînt au score six à six mais vu finalement au terme de quatorze parties la victoire de Wilhelm Steinitz et celui-ci se proclama champion du monde toujours officieux.